Les producteurs du Golfe ont fixé leurs contrats d'octobre, et tous sont en baisse : le Qatar à 835 $/t fob (−45 $), le Koweït à 820 $/t (−45 $), ADNOC à 890 $/t (−70 $). En Chine, le soufre s'échangeait jeudi autour de 7 390 yuans la tonne, près de 11 % de moins qu'il y a un mois et bien en dessous du pic de juin.
On serait tenté d'y voir un marché qui se rétablit. Je ne le crois pas.
Le détroit d'Ormuz ne laisse toujours passer que quelques cargaisons par mois, environ un quart de la normale selon l'estimation d'un producteur. La Russie et le Kazakhstan n'exportent toujours pas. Avant la guerre, le Golfe assurait près de 44 % du commerce maritime mondial de soufre. Ce manque n'a pas été comblé. C'est l'autre côté du marché qui a changé.
Les usines de phosphates tournent à 50–60 % de leur capacité dans le monde. En Chine, en Inde et en Indonésie, les acheteurs ont cessé de courir après les cargaisons depuis le pic de l'été. Les prix ne baissent donc pas parce que le soufre est plus facile à trouver, mais parce que de moins en moins d'industriels peuvent se permettre de le consommer à 1 000 $ la tonne. C'est une destruction de la demande, pas une reprise, et les deux ne se préparent pas du tout de la même façon.
Pour les acheteurs de Méditerranée et d'Afrique du Nord, la leçon de cette année est simple : le marché spot récompense la patience pendant quelques semaines, puis la sanctionne dès qu'une seule route se ferme de nouveau. Ceux qui ont sécurisé leurs volumes sous contrat dorment aujourd'hui plus tranquilles que ceux qui attendent le point bas.
Pour la première fois depuis le printemps, nous recevons davantage de demandes de programmes annuels que de cargaisons spot. Cela en dit long sur la manière dont les acheteurs lisent vraiment ce marché.
